FEV
04

Le SIDA, une réalité !



Sommaire des points détaillés :


Le syndrome de l'immunodéficience acquise, plus connu sous son acronyme sida, AIDS en anglais, est le nom donné à un ensemble de symptômes (syndrome) consécutifs à la destruction des lymphocytes T CD4+, cellules majeures du système immunitaire. La grande majorité de la communauté scientifique impute cette destruction au Virus de l'immunodéficience humaine. L'utilisation du terme maladie est impropre et on doit parler plutôt de syndrome.


Depuis le début de l’épidémie, trois modes de transmission ont été observés;

La transmission par voie sexuelle :

La plupart des infections par le VIH ont été ou sont encore acquises à l’occasion de rapports sexuels non protégés. La transmission sexuelle se fait par contact entre les sécrétions sexuelles (ou du sang contaminé par le virus) et les muqueuses rectale, génitale ou buccale. La probabilité de transmission par acte varie de 0,005% (contact buccal) à 0,5% (contact anal).

La transmission par voie sanguine :

Ce mode de contamination concerne tout particulièrement les usagers de drogues injectables, les hémophiles et les transfusés. Les professionnels de santé (soins infirmiers, laboratoires) sont aussi concernés, bien que plus rarement. Il ne faut pas négliger les risques de contamination par aiguilles souillées et non ou mal désinfectées (tatouages).

La transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse :

La transmission mère-enfant du virus peut survenir in utero dans les dernières semaines de la grossesse, et au moment de l’accouchement. L’allaitement présente aussi un risque de contamination du bébé, de l’ordre de 5 %, ce qui explique qu’il soit déconseillé en cas d’infection de la mère. Cependant, une récente étude, menée par PJ. Illif & al. au Zimbabwe, montre que l'allaitement exclusif précoce réduit le risque de transmission postnatale et accroît la survie des enfants. En l’absence de traitement, le taux de transmission, entre la mère et le fœtus, avoisine les 20 %. Actuellement, les traitements disponibles alliés à une césarienne programmée ont réduit ce taux à 1 %. Les résultats sont plus mitigés dans les pays en voie de développement.


Dans les pays ayant accès aux traitements antirétroviraux, la prise en charge de l’infection par le VIH est désormais celle d’une maladie au long cours. Les trithérapies antirétrovirales ont considérablement réduit la mortalité et la morbidité de l’infection à VIH. En contrepartie ont émergé d’autres problématiques liées aux complications des traitements eux-mêmes (lipodystrophie, accroissement du risque cardio-vasculaire, troubles glucido-lipidiques, pathologie mitochondriale), ou des problèmes d’échappement puis d’échec immunovirologique, liés à la question de l’observance.

Cette situation privilégiée d’accès aux traitements ne concerne que les pays riches qui peuvent assurer la prise en charge financière de ces thérapeutiques. Dans les pays en développement, plus de 95 % des patients (soit environ 40 millions de personnes) ne bénéficient aujourd’hui d’aucun traitement efficace.


Fev
01

Historique de la problématique du sida :


Le VIH est étroitement lié aux virus entraînant des maladies semblables au sida chez les primates, le Virus d'immunodéficience simien (SIV). Et il est possible que le virus VIH ait été transféré de l’animal à l’homme au début du XXe siècle, bien que certains indices montrent que dans certains cas isolés, ce transfert se serait produit plus tôt. La source animale ainsi que l’époque et le lieu exacts du premier transfert (ou des premiers transferts) ne sont pas connus.

Un virus presque identique au VIH-1 a été caractérisé chez des chimpanzés Pan troglodytes troglodytes est sont des porteurs sain du SIVcpz. La contamination par l'homme aurait été réalisée par la chasse, la consommation de viande de singe et une mutation du virus. Les études scientifiques ont suggéré que le virus serait apparu initialement en Afrique de l'Ouest, mais il est possible qu’il y ait eu plusieurs sources initiales distinctes. Le premier échantillon recensé du virus VIH fut recueilli en 1959 à Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa), dans l’actuelle République démocratique du Congo. Parmi les premiers échantillons recueillis, on compte également le cas d’un Américain homosexuel en 1969, et d’un marin hétérosexuel norvégien en 1976.

À la fin des années 1970, des médecins de New York et de San Francisco s'aperçoivent que nombreux sont leurs clients homosexuels souffrant d'asthénie, de perte de poids et parfois même de forme rare et atypique de cancer (comme le Sarcome de Kaposi qui s'attaque aux leucocytes). L'existence d'un problème sanitaire est avérée en juillet 1981 lorsque le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d'Atlanta relève une fréquence anormalement élevée de sarcomes de Kaposi, en particulier chez des patients homosexuels. L'apparition d'un nouveau virus est évoquée dès 1982.

En 1983, l'équipe du Professeur Jean Claude Chermann de l'Institut Pasteur découvre et isole le virus VIH.

L’origine virale ne sera pas d'emblée évoquée et l’hypothèse d’une intoxication par des produits comme les poppers (stimulant sexuel contenant du nitrite d’amyle) a pu être émise au début, car les six premières personnes malades en avaient toutes été de gros consommateurs. De même, l’identification du virus responsable a été difficile, beaucoup de scientifiques parlant d’HTLV comme cause de l’épidémie. S’emparant de la découverte, la presse a commencé par désigner le virus par la périphrase de « cancer gay », avant de revenir sur ce préjugé. C’est à la même période que de nombreux transfusés (notamment en France) sont contaminés par des lots de sang contenant le virus VIH. En quelques années, le virus va s’étendre pour finir par toucher toutes les couches de la population. Seules les campagnes d’information sur les comportements à risque, les méthodes de propagation de la maladie et surtout les moyens de protection permettront aux pays développés d’enrayer la progression (sans toutefois pouvoir la bloquer). La prise de conscience générale doit aux populations homosexuelles son déploiement rapide ; en effet, de nombreux mouvements, tels que celui d’Act Up, et des vedettes internationales ont forcé la visibilité, incitant les dirigeants politiques à engager de véritables recherches scientifiques.

Dès le début du XXIe siècle, le SIDA se transforme en une pandémie. Dans la majorité des pays, elle ne montre pas de signes de diminution. On estime qu'en 2003 il y avait plus de 40 millions de personnes séropositives et qu'il y a déjà eu environ 25 millions de morts dues aux maladies en rapport avec le SIDA.

Utilisé correctement, c'est-à-dire bien conservé, ouvert avec des soins et correctement placé, le préservatif a un taux d’efficacité d’environ 90 à 95% pour éviter une grossesse non désirées ou la contamination par diverses maladies sexuellement transmissibles (MST). C'est actuellement le meilleur moyen de protection contre le VIH.

Les principales victimes du sont actuellement les habitants des pays en voie de développement. Les raisons sont multiples et varient d’un pays à l’autre : tourisme sexuel pour l’Asie du Sud-Est, culture valorisant le nomadisme sexuel et la polysexualité (Europe), absence d’information de la population sur les facteurs de risque de transmission (notamment en Afrique), manque de moyens ou de volonté pour faire de la prévention et informer les populations, voire refus d’admettre les faits. Certains estiment que les convictions religieuses interdisant l’utilisation des moyens de protection tels que le préservatif sont aussi en cause.


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Fev
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L’infection par le VIH :


Le VIH désorganise le système immunitaire en infectant les lymphocytes T CD4+. Ces cellules sont en effet les "coordinatrices" de la réponse immunitaire : elles jouent un rôle tout à fait central. La mort des cellules infectées est consécutive au détournement de la machinerie des lymphocytes, qui ne peuvent plus fabriquer leurs propres molécules, ainsi qu'à la destruction de l'intégrité membranaire au moment de la sortie des virus neo-formés. Par ailleurs, les cellules infectéees exposent à leur surface membranaire des protéines virales (complexe Env). Ces protéines sont reconnues par des cellules immunitaires saines et s'accolent au lymphocyte infecté. S'ensuit un processus de "baiser de la mort" (kiss of death) par lequel la cellule saine est détruite par activation de la voie de l'apoptose. Dans ce sens, Luc Montagnier rappelle lors d'un colloque (Bruxelles, décembre 2003) : "la mort massive des lymphocytes T4 n'est pas due à l'infection directe des cellules par la souche virale, qui est alors peu cytopathogène, mais à des mécanismes indirects touchant les cellules CD4+ non infectées. Un des médiateurs de cette apoptose est l'existence d'un fort stress oxydant caractérisé par une prévalence de molécules oxydantes (radicaux libres) sur les défenses antioxydantes de l'organisme".

En l’absence de traitement, la quasi totalité des patients infectés par le VIH évolue vers le sida, phase ultime de la maladie. La durée d'évolution vers le sida a semblé être de deux ou trois ans au début de la pandémie, est plutôt de l'ordre de 10 ans, ainsi que l'on montré des études faites en Ouganda. Les raisons de la latence de l'apparition de la maladie demeurent inexpliquées de façon satisfaisante. Il existe deux classifications pour décrire la progression de l’infection VIH, basées sur les manifestations cliniques et les anomalies biologiques


Classification en stades cliniques proposée par l’OMS

  • Stade clinique 1 :
    • Patient asymptomatique.
    • Adénopathies persistantes généralisées.
  • Stade clinique 2 :
    • Perte de poids inférieure à 10 % du poids corporel.
    • Manifestations cutanéomuqueuses mineures (dermite séborrhéique, ulcérations buccales récurrentes).
    • Zona au cours des 5 dernières années.
    • Infections récidivantes des voies respiratoires supérieures.
  • Stade clinique 3 :
    • Perte de poids supérieure à 10 % du poids corporel.
    • Diarrhée chronique inexpliquée pendant plus d’un mois.
    • Fièvre prolongée inexpliquée pendant plus d’un mois.
    • Candidose buccale (muguet).
    • Leucoplasie chevelue buccale.
    • Tuberculose pulmonaire dans l’année précédente.
    • Infections bactériennes sévères (pneumopathies par exemple).
  • Stade clinique 4 :
    • Pneumocystose.
    • Toxoplasmose cérébrale.
    • Maladie de Kaposi.
    • Lymphome.
    • Mycobactériose atypique généralisée, et plus généralement toute affection grave apparaissant chez un patient infecté par le VIH, ayant une baisse importante de son immunité (taux de CD4 inférieur à 200/mm³).

Classification CDC (Centers for Diseases Control) modifiée en 1993

  • Catégorie A :
    • Séropositivité aux anticorps du VIH en l'absence de symptômes (avant 1993, la séropositivité asymptomatique ne rentrait pas dans la classification \"sida\").
    • Lymphadénopathie généralisée persistante.
    • Primo-infection symptomatique.
  • Catégorie B :
    • Manifestations cliniques chez un patient infecté par le VIH, ne faisant pas partie de la catégorie C et qui répondent au moins à l’une des conditions suivantes :
      elles sont liées au VIH ou indicatives d’un déficit immunitaire;
      elles ont une évolution clinique ou une prise en charge thérapeutique compliquée par l’infection VIH. (Cette catégorie correspond aux stades cliniques 2 et 3 de l’OMS.
  • Catégorie C :
    • Cette catégorie correspond à la définition du sida chez l’adulte. Les critères cliniques sont les mêmes que le stade clinique 4 de l’OMS.

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Fev
01

La prévention :


Prévention de la transmission par voie sexuelle


Les faits :

Les rapports réceptifs sont plus à risque que les rapports insertifs, et les rapports anaux réceptifs sont ceux qui comportent le risque de transmission le plus élevé. Selon le ministère de la santé français, la probabilité de transmission par acte varie de 0,03% à 0,07% dans le cas de rapport vaginal réceptif, de 0,02 à 0,05% dans le cas de rapport vaginal insertif, de 0,01% à 0,185% dans le cas de rapport anal insertif, et de 0,5% à 3% dans le cas de rapport anal réceptif.

Les infections sexuellement transmissibles (IST) favorisent la transmission du virus VIH, par les micro-ulcérations et l’inflammation qu’elles entraînent localement. Répondent à cette définition, la syphilis, la gonococcie, la chlamydiose (CT), l'herpès virus (HSV), la papillomatose et la trichomonase.

Être déjà séropositif pour le VIH ne protège pas d’une surinfection VIH par une nouvelle souche virale potentiellement plus virulente.

Une charge virale plasmatique indétectable n’est pas forcément synonyme de charge virale basse dans le liquide séminal ou dans les sécrétions génitales.

Les rapports oro-génitaux ne sont pas dénués de risques. Plusieurs cas prouvés de transmission du VIH au cours de rapports oro-génitaux, essentiellement par fellation passive, mais aussi par rapport oro-anal, ont été rapportés.


Les conseils de prévention :

Lors d’une relation sexuelle, seuls les préservatifs, qu’ils soient masculins ou féminins, protègent du VIH et des principales infections sexuellement transmissibles. Ils doivent être utilisés lors de tout rapport sexuel avec pénétration (quelle soit vaginale, anale ou buccale), avec un partenaire séropositif ou dont le statut sérologique est inconnu.

Le préservatif masculin : La condition pour son efficacité est qu’il soit utilisé correctement à chaque rapport. Les lubrifiants à base de corps gras, comme la vaseline, des pommades ou des crèmes, voire du beurre, doivent être proscrits car ils fragilisent les préservatifs en latex et les rendent poreux. Il faut leur préférer des lubrifiants à base d’eau. Il est préférable d’utiliser un préservatif non lubrifié pour la fellation. Il est par ailleurs indispensable de vérifier sur la pochette du préservatif l’inscription de la date de péremption et d'une norme reconnue (CE-EN 600 pour l'Union européenne).

Le préservatif féminin : Il représente une alternative au préservatif masculin. Il est en polyuréthane — ce qui autorise les lubrifiants à base de corps gras ou aqueux — avec un anneau externe et interne. Il se place à l’intérieur du vagin grâce à un anneau souple interne. Il peut être mis en place dans le vagin ou dans l’anus quelques heures avant un rapport sexuel, et n’a pas besoin d’être retiré tout de suite après le rapport, à l’inverse du préservatif masculin. Le principal obstacle à sa diffusion reste son coût élevé.

L'usage du préservatif permet une diminution du risque d’infection. Néanmoins certaines études ont apporté des résultats contraires.


Prévention de la transmission chez les usagers de drogues :

Le partage et la réutilisation de seringues usagées et souillées par du sang contaminé constituent un risque majeur de contamination par le VIH mais aussi par les virus de l'hépatite B et C. En France, des mesures de réduction des risques ont été mises en place : vente libre de seringues (depuis 1987), trousses de prévention contenant le matériel nécessaire pour réaliser une injection à moindre risque, mise en place d’automates de distribution et de récupérateurs de seringues, offre de traitements de substitution par voie orale.

Pour prévenir ces contaminations, il est essentiel de ne pas partager le petit matériel d’injection ou d’inhalation. Ceci comprend les seringues, les cotons, les cuillères et cupules, eau de dilution de la drogue, mais aussi les pailles et les pipes à crack, surtout si elles sont ébréchées. Le matériel d’injection doit être à usage unique ou désinfecté à l’eau de Javel domestique en cas de réutilisation.

L'efficacité de ces mesures reste toutefois controversée : par exemple, certaines études ont montré qu'à Montréal, ceux qui participent aux programmes "seringues stérilisées" ont apparemment un taux de transmission plus élevé que ceux qui n'y participent pas.


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Fev
01

Diagnostic :


Aujourd’hui, en France, plus d’un patient sur deux ignore qu’il est séropositif au moment où survient une infection opportuniste. Il n’y a pas de dépistage obligatoire en France, si ce n’est lors d’un don de sang, de sperme ou d’organe. Il est donc de la responsabilité de chacun de se poser la question de son propre statut sérologique vis à vis du VIH, en allant faire un test de dépistage.


Où se faire dépister ?

Dans les Centres de dépistage anonyme et gratuit CDAG, dans les laboratoires de ville. Le test est remboursé à 100 % sur prescription médicale.


Tests de dépistage :

Le diagnostic de l'infection à VIH fait appel à la détection dans le sang des patients des anticorps dirigés contre le VIH. La législation française actuelle exige l’utilisation de deux trousses sérologiques différentes lors du test de dépistage, car le test Elisa, s'il présente une sensibilité de 99,9% (c'est-à dire qu'il ne passera pas à côté d'une personne infectée), peut donner des résultats faussement positifs, en particulier lors de grossesses multipares, lors de maladie grippale, chez les porteurs de facteur rhumatoïde, etc. Deux tests différents sont donc réalisés issus de deux laboratoires différents. Ces tests sont des tests à limite, c'est-à-dire que la séropositivité est déclarée si le taux d'anticorps dépasse une certaine valeur fixée par le fabricant du test.

Afin d'éliminer le risque de résultat faussement positif, la séropositivité au VIH sera confirmée par un second prélèvement pour confirmation par un Western blot (immunoblot). Le malade est considéré séropositif si l'on dépiste à la fois des anticorps dirigés contre les protéines constitutives du virus et contre les protéines internes du virus.

De nouveaux tests de dépistage permettent d'identifier des patients porteurs de l'antigène p24. En cas de prélèvement trop précoce, l'organisme n'a pas fabriqué d'anticorps en quantité détectable, la recherche de l'Ag p24 ou la mesure de l'ARN-VIH plasmatique permettent un diagnostic plus précoce mais qui doit toujours être confirmé par un second prélèvement.

Il est également à noter que les tests de séropositivité dans les pays en voie de développement se réduisent le plus souvent à un seul test Elisa effectué auprès des femmes enceintes, qui constituent les populations les plus faciles à dépister en hôpital.

Une étude a montré que des souris peuvent produire les antigènes GP120 et P24 créés lors d'une infection au VIH, bien qu'elles n'aient pas été exposées au VIH. Le VIH n'est donc pas une condition nécessaire pour être détecté séropositif.


Mesure de l’ARN viral plasmatique :

La mise en évidence par PCR (Polymerase Chain Reaction) de petits fragments d’ARN viral est le test permettant de suivre l’intensité de la réplication virale dans l’organisme infecté appelé charge virale. Ce test, couplé à la mesure du taux de Lymphocytes T CD4+, est essentiellement utilisé pour suivre l’évolution virologique d’un patient avant ou après la mise sous traitement. Il ne peut être utilisé comme seul moyen de diagnostic.

On considère qu’une variation de la charge virale n’est significative qu’au-delà de 0,5 log, soit des variations d'un facteur 3,6 environ à la hausse ou à la baisse. La charge virale est exprimée en copies par ml.

Évolution de la charge virale et du système immunitaire :




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Fev
01

Signes cliniques de l’infection au VIH :


Les signes cliniques de l’infection au VIH varient considérablement selon le stade de la maladie. Dans son livre \"Des Virus et des Hommes\", le professeur Luc Montagnier indique que cette maladie n'a aucun symptôme spécifique constant.

Manifestations cliniques de la primo-infection :

Les symptômes de la primo-infection sont peu spécifiques. Ils apparaissent entre une et six semaines après la contamination, sous forme d’un syndrome pseudogrippal, ou mononucléosique. La fièvre est quasi constante, accompagnée de céphalées, de myalgies, d’asthénie. Les signes cutanéomuqueux associés sont une angine érythémateuse ou pseudomembraneuse comme dans la mononucléose infectieuse, et une éruption cutanée maculopapuleuse touchant essentiellement le tronc et la face. Peuvent s’y associer des ulcérations cutanéomuqueuses superficielles, surtout génitales et buccales. Dans plus de la moitié des cas, apparaissent au cours de la deuxième semaine des adénopathies multiples, cervicales, axillaires et inguinales. Des manifestations digestives à type de diarrhée avec douleurs abdominales sont présentes dans un tiers des cas. La durée d’évolution d’une primo-infection est en moyenne de deux semaines.

Manifestations cliniques aux autres stades :

En l’absence de dépistage précoce et donc de traitement, tant prophylactique que curatif, de nombreux patients découvrent leur séropositivité au stade sida, à l’occasion de l'apparition d’une maladie opportuniste. La liste en est longue: atteintes pulmonaires, digestives, neurologiques, sarcome de Kaposi...


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Fev
01

Les traitements :


Il n'y a pas à l'heure actuelle de traitement permettant de guérir du sida, malgré l'existence de traitements comme les trithérapies rétrovirales qui permettent de contenir l'action du virus avec plus ou moins d'efficacité ; on dénombre de nombreux morts chaque jour en particulier dans le tiers monde où ces traitements sont difficilement accessibles. Des recherches continuent pour la mise au point d’un vaccin, mais les progrès dans ce domaine sont très lents.

Les traitements ne doivent pas être pris dès le début de la séropositivité, car ils ont de nombreux effets secondaires, à court et moyen terme. La prise ne débute que lorsque le médecin le juge nécessaire, en évaluant cette nécessité sur les bilans sanguins effectués et notamment le rapport Charge virale/Taux de CD4. Une fois le traitement débuté, il doit être poursuivi à vie, avec une très grande régularité (car une pause pendant le traitement peut rendre le virus « résistant »). Les tentatives d'arrêt des traitements, même sous surveillance médicale stricte, n'ont, pour l'instant, pas donné de résultats probants.

Les multithérapies ont de nombreux effets secondaires à court terme, mais qui s'atténuent habituellement au cours du traitement. Il s'agit principalement de fatigue, de maux de tête et de troubles digestifs (nausées, diarrhées), parfois de fièvre ou de plaques rouges sur la peau. Certains effets secondaires n'apparaissent qu'après plusieurs mois de traitement, comme une lipodystrophie (graisse disparaissant du visage pour aller sur le ventre pour les hommes et les cuisses pour les femmes), ou des problèmes liés à l'augmentation des graisses dans le sang (cholestérol, triglycérides) ou à une mauvaise assimilation du sucre.

Les risques de transmission mère-enfant sont de 20 % à 40 %. À l’aide d’un traitement préventif, le risque de transmission peut être considérablement réduit. Un traitement antirétroviral associé à la césarienne et à l’allaitement artificiel permet de réduire le risque de transmission à moins de 1 %. La durée courte du travail et le délai court de prise en charge après la rupture de la poche des eaux sont des facteurs de protection contre la transmission maternofoetale.

Une étude conduite sur quelque 900 femmes pendant huit ans a montré que le risque de rebond viral augmente de 40 % chez les fumeuses et leur risque de défaillance immunologique est accru de plus de 50 % ; la réponse virologique est dégradée de 20 % et la réponse immunologique de 15 % (American Journal of Public Health, juin 2006).



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Fev
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Les questions les plus fréquentes :


Thèmes des différentes questions :

  • Avoir un enfant

  • Dans un couple, si l’homme ou la femme sont contaminés, peuvent-ils avoir des enfants ? Et le bébé sera-t-il contaminé ?

    Les personnes séropositives peuvent avoir des enfants si elles sont en bonne santé. Attention, si l’homme est atteint, il risque de contaminer sa partenaire lors du rapport sexuel non protégé destiné à la procréation. Les services médicaux peuvent proposer des aides pour diminuer les risques de transmission à la mère. Mais si la femme seule est atteinte, elle peut bénéficier du sperme de son compagnon par injection dans le vagin sans coït direct.

    Dans les pays développés, les femmes contaminées enceintes ou qui désirent avoir un enfant se voient proposer un traitement afin de diminuer les risques de transmettre le virus du sida à leur bébé. Ce risque est variable selon l’état de santé de la future mère mais il a fortement diminué depuis que la grossesse est accompagnée par un traitement anti-VIH. Des conseils peuvent être obtenus dans certaines maternités ou auprès de praticiens spécialisés qui ont acquis une expérience dans le suivi de ces grossesses (des renseignements peuvent être obtenus en appelant gratuitement Sida Info Service 0 800 840 800).

    Actuellement plus de 95% des enfants nés de mères séropositives ne sont pas infectés. Les enfants nés de mères séronégatives ne peuvent pas être infectés même si le père est séropositif.


    Un couple composé d'une femme séropositive et d'un homme séronégatif peut-il envisager d'adopter un enfant ? Si oui, quelles sont les démarches à suivre ? A qui s'adresser ?

    Pour toute demande d'adoption, il faut s'adresser à la DDASS de votre département pour obtenir une accréditation. Le processus est généralement long et fait l'objet de toute une série d'enquêtes effectuées par des travailleurs sociaux et des psychologues. Afin d'être « accrédité » il vaut mieux être un couple marié depuis au moins deux ans, avoir des revenus suffisants, être clair quant à sa motivation, faire preuve de bonne moralité etc. Je ne sais pas si les DDASS accordent une accréditation en vue d'une adoption pour un couple dont l'un des partenaires est VIH +. Je ne pense pas que le statut sérologique du couple soit demandé.

    Une fois l'accréditation obtenue commence le long processus d'attente pour un bébé candidat à l'adoption. L'attente peut être très longue lorsque l'on passe par les services de l'Etat. Elle peut être plus rapide en passant par des organismes privés, généralement des fondations ou des associations qui ont des contacts à l'étranger. L'adoption d'enfants étrangers ayant fait l'objet par le passé de trafics honteux, elle est désormais sérieusement contrôlée. Il faut faire attention aux réseaux illégaux pour ne pas dire mafieux qui, malgré une couverture apparemment légale, sont des escrocs qui profitent du désir d'enfant des couples. Pour plus d'informations appelez Sida Info droit au 0 801 636 636 le mardi de 16h à 22h et le vendredi de 14h à 18h.


    Une femme séropositive peut-elle allaiter ? Existe-t-il un risque de transmission du virus par le lait maternel ?

    Il est fortement déconseillé aux femmes séropositives d'allaiter leur enfant car il y a effectivement un risque de transmission par le lait maternel. Cette recommandation est facilement applicable dans les pays européens et d'Amérique du Nord mais beaucoup plus difficile à mettre en place pour les populations pauvres des pays du Tiers-Monde. Dans les pays du Sud - si l'alternative lait en poudre n'est pas possible - il est recommandé d'allaiter l'enfant le moins longtemps possible. On estime que 30% des enfants contaminés du Tiers-Monde l'ont été par l'allaitement.


    Comment limiter, chez une femme enceinte et séropositive, le risque de transmettre le virus à son bébé ? Quelle est l'importance de ce risque ? Quels sont les traitements existants ? Sont-ils pris en charge par la sécurité sociale ?

    La transmission du VIH de la maman à son enfant se fait généralement lors du dernier trimestre de la grossesse et essentiellement lors de l'accouchement. Sans traitement le risque est d'environ 25% et dépend de l'état clinique et virologique de la mère. Si la maman est malade du sida le risque de transmettre le virus au bébé est plus important; si elle a une charge virale élevée, là aussi le risque est plus important. En France et en Europe en général, depuis plusieurs années, les femmes séropositives enceintes bénéficient d'un suivi rapproché de leur grossesse et se voient proposer un traitement par AZT pour réduire le risque de transmission. Grâce à l'introduction de l'AZT le taux moyen de transmission est passé de 25% à 6%. Des essais associant l'AZT avec un autre médicament anti-VIH, le 3TC, est en cours et il semble que le risque soit encore réduit et serait de l'ordre de 2,5%. Mais il faut attendre des résultats plus complets pour se prononcer. Un essai en cours aux USA depuis un an, qui vient juste de commencer en France, cherche à évaluer l'effet d'un autre médicament antiviral, la Névirapine, qui donnée en une seule prise au moment de l'accouchement, en plus du traitement standard par AZT, réduirait considérablement le risque de transmission. On attend beaucoup de cet essai. Il est aussi possible de réduire le risque de transmission en programmant une césarienne mais là il peut y avoir un risque non négligeable pour la mère puisqu'il s'agit d'une opération. Tous ces traitements sont disponibles en France et pris en charge comme tous les autres traitements anti-VIH à 100% par la Sécurité Sociale. Dès l'annonce d'une séropositivité, toute personne est prise en charge à 100% par la Sécurité Sociale pour tous les soins nécessaires à la prise en charge de l'infection (visites médicales, examens, médicaments, hospitalisations, etc.).


  • Chiffres

  • Le sida est-il une pandémie ?

    Oui, l'infection à VIH (terme plus juste que SIDA, car le SIDA est la manifestation clinique avancée de l'infection par le VIH) est une pandémie dans la mesure où elle touche le globe entier. Une pandémie est une épidémie qui touche plusieurs régions du monde ou continents en même temps. Une épidémie est concentrée sur une même région.


    Combien y a-t-il de malades du sida en France ?

    On estime que 150 000 à 200 000 personnes séropositives vivent en France.

    Parmi elles, entre 23 700 et 26 100 ont déclaré la maladie SIDA. Depuis le début de l’épidémie, le nombre total de décès est entre 37 100 et 40 400 personnes.

    Les récentes avancées thérapeutiques ont considérablement modifié la vie des personnes séropositives et ont fait reculer la mortalité. Pourtant les difficultés demeurent (échec thérapeutique, virus résistant, effets secondaires lourds…).

    Des récents chiffres transmis par les Centres de Dépistage Anonymes et Gratuits de Paris indiquent une forte augmentation des tests positifs et font craindre un retour de l’épidémie lié à une baisse de la vigilance et une augmentation des prises de risque.


  • Dépistage

  • Où peut-on faire un test de dépistage ?

    Il existe plusieurs possibilités : - dans un laboratoire privé d’analyse médicale avec une ordonnance d’un médecin. Ce dernier recevra directement le résultat. Dans ce cas, il faut payer le laboratoire et la Sécurité sociale le rembourse à 100% ; - dans un centre spécialisé. Dans chaque département il existe un ou plusieurs centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) et des organismes agréés (par exemple, des consultations du Planning familial, habituées à recevoir des mineurs). C’est le médecin du centre qui prescrit le test, rend son résultat et donne les informations nécessaires. En cas d’accident de prévention (« oubli » du préservatif, déchirure, etc), il est conseillé de consulter dans un de ces centres ou dans un service hospitalier d’urgence dans les 48 heures qui suivent. Le plus tôt est le mieux...


    J’ai fait un test de dépistage et sur le résultat il est indiqué que c’est négatif pour le VIH 1 et le VIH 2. Qu’est-ce que cela veut dire ?

    Il existe plusieurs souches du virus du sida, le VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Un test recherche les anticorps (particules que développe l’organisme après un contact infectieux) à ces différentes souches. Un résultat négatif, si le délai nécessaire entre une prise de risque et ce test est respecté, indique qu’il n’y a pas de contamination par l’une ou l’autre de ces souches.


    Pour avoir un résultat de test fiable, combien de temps après une prise de risque faut-il faire un dépistage ?

    Aujourd'hui on peut dépister la présence du virus par un test dit "précoce" entre le 15ème et le 20ème jour après une situation à risque. La technique de l'antigénémie p24 s'adresse à un pic d'activité du virus VIH qui se produit en général entre 2 et 3 semaines après la contamination.

    Si le test de dépistage pratiqué à ce moment est positif, cela veut dire de façon certaine qu'il y a eu contamination par le VIH. Une prise en charge dans les meilleures conditions possibles pourra alors être immédiatement proposée.

    En revanche, si le test est négatif, il faudra en refaire un autre sachant que seul un test négatif fait 3 mois après un risque permet d’éliminer tout doute quant à une éventuelle contamination.

    Il faut aussi savoir qu'un test négatif 1 mois après le risque est déjà très encourageant. En effet, un test ELISA "classique" dépiste les anticorps que l'organisme produit après une contamination. Cette production est progressive et s'il n'y a pas d'anticorps 3 mois après le risque c'est qu'il n'y a pas de virus VIH dans l'organisme.


    Où peut-on se faire dépister gratuitement ?

    Il existe partout en France des centres de dépistage anonymes et gratuits dont vous pouvez obtenir les adresses et les horaires par département directement sur le site ou en appelant Sida Info Service au 0 800 840 800 7j/7 et 24h/24.


    Est-il vrai qu'un nouveau type de virus HIV a été découvert récemment au Cameroun? Si oui, les tests actuels de dépistage décèlent-ils ce virus ?

    Cela fait déjà quelques années qu'un variant du VIH-1 a été découvert au Cameroun. Il a été appelé « O » (la lettre « O », pour « outlier » qui en anglais veut dire en dehors). Ce sous-type du VIH-1 est tout à fait décelable par les tests de dépistage actuellement sur le marché. Ce qui n'était peut-être pas le cas avec les tests de la première génération. Cette souche virale est surtout présente dans l'Ouest Africain et plus particulièrement au Cameroun. Il faut savoir qu'il existe deux virus distincts, le VIH-1 et le VIH-2. Le VIH-1 est le virus majoritaire dans le monde. Il est divisé en 2 groupes: le groupe M pour majoritaire qui regroupe tous les sous-type répertoriés de A à H, le sous-type B étant le virus majoritaire dans les pays occidentaux; et le groupe O pour cette souche virale récemment découverte qui est génétiquement beaucoup plus différente que les sous-types viraux du groupe M. Le VIH-2 se retrouve essentiellement en Afrique de l'Ouest et semble moins pathogène que le VIH-1 dont il est "cousin" mais très différent génétiquement. Le VIH-2 est aussi systématiquement recherché lors d'un test de dépistage.


    Faut-il une ordonnance pour se faire dépister dans un centre de dépistage anonyme et gratuit ? Faut-il prendre rendez-vous ?

    Dans les Centres de dépistage anonyme et gratuit il n'est pas nécessaire d'avoir une ordonnance car le test est fait sur place. Certains centres reçoivent sur rendez-vous, d'autres non.


  • Droit

  • Je suis séropositif. Je voudrais avoir une assurance vie. Cela est-il possible ? Où se renseigner ?

    Pour les contrats d'assurance vie, il est généralement demandé de répondre à un questionnaire de santé. Si vous dites que vous êtes atteint d'une pathologie grave, il y a fort à parier que la compagnie d'assurance ne prendra pas le risque de vous assurer, et une fausse déclaration peut se retourner contre vous. Les compagnies d'assurance ne sont pas des organismes philanthropiques mais des entreprises commerciales à buts très lucratifs... Pour plus de renseignements, appelez Sida Info droit au 0 810 636 636 le mardi de 16h à 22h, le jeudi de 16h à 20h et le vendredi de 14h à 18h.


    Les personnes séropositives ont-elles des aides spéciales, par exemple pour le logement ou le travail ?

    Les personnes séropositives n'ont pas plus de droits que quiconque, ni de droits spéciaux. Toute personne séropositive affiliée au régime de la sécurité sociale peut être prise en charge à 100% pour l'infection VIH. Ce droit est le même que celui accordé pour d'autres pathologies que l'on appelle des Affections de Longue Durée ou ALD qui regroupent 23 maladies différentes dont le cancer, les hépatites chroniques, la tuberculose, les maladies génétiques, le diabète, les maladies psychiatriques et plein d'autres encore. Il n'y a pas d'aides ou de droits supplémentaires en terme de logement et de travail. Cependant il existe des associations qui s'occupent des difficultés sociales des malades du sida et défendent les dossiers auprès des administrations. Pour qu'une personne séropositive ait droit à une allocation d'invalidité, que ce soit de la sécurité sociale (avec un nombre d'années suffisants de cotisations) ou de l'Etat (l'AAH : Allocation Adulte Handicapé) il faut justifier médicalement de l'impossibilité de pouvoir travailler. Avec les avancées thérapeutiques actuelles ce droit est de plus en plus difficile à obtenir et seules les personnes malades peuvent en bénéficier. La prise des traitements - entraînant beaucoup d'effets secondaires et de fatigue - ne donne pas nécessairement droit à ce type d'allocation, ce qui fait que certains malades du sida, pas assez malades selon les critères de la sécurité sociale, se retrouvent avec pour seul revenu le RMI.


    Je suis séropositif. Est-il possible pour moi de contracter un prêt auprès d'une banque ? Suis-je obligé d'informer mon banquier de mon état et si oui quelles peuvent être les conséquences financières ? Mon banquier peut-il refuser l'octroi d'un prêt pour ce motif ? Dans ce cas, que puis-je faire ?

    Si vous faites une demande de prêt auprès de votre banque, il n'est pas nécessaire de l'informer de votre statut sérologique. Si ce prêt est supérieur à un certain montant, votre banque vous demandera de prendre une assurance pour ce prêt. Selon les conditions de l'assurance, il est possible, voire probable, que l'on vous demande de remplir une déclaration sur l'honneur concernant votre état de santé. Si le montant du prêt est important votre assurance vous demandera de faire remplir un questionnaire médical par un (votre) médecin. Dans le premier cas, si vous mentez sur votre état de santé, ne serait-ce que par simple omission, et que vous vous trouviez dans l'impossibilité financière de rembourser vos traites et que vous cherchiez à faire jouer votre assurance, celle-ci peut très bien contester votre demande et refuser de prendre à sa charge les remboursements. Dans le deuxième cas, votre médecin peut ne pas vouloir « mentir » sur votre état de santé. Si vous refusez de répondre à ce type de questionnaire, l'assurance peut décider de refuser de vous assurer car vous ne vous seriez pas soumis à cette démarche. Dans certains cas, certains assureurs, moyennant une surprime, acceptent d'assurer les prêts de personnes séropositives. Pour plus d'informations concernant votre situation particulière appelez Sida Info Droit au 0 810 636 636 (n° azur) le mardi de 16h à 22h, le jeudi de 16h à 20h et le vendredi de 14h à 18h.


  • Hépatites

  • Hépatite C + sida: J'ai une hépatite C, soignée par bithérapie Interféron/Ribavirine. Les résultats annoncés par les médecins sont très encourageants, mais sur le terrain ça ne se vérifie pas. Connaissez-vous des études sur les effets secondaires de ces traitements ? Y a-t-il des cas d'aggravations du sida suite à ces traitements ?

    Des études ont montré que le traitement de l'hépatite C par, d'emblée, une bithérapie associant l'Interféron à la Ribavirine, faisait passer le taux de réussite du traitement de l'hépatite C de 30-40% à 50-60%. Vous avez raison de souligner les problèmes d'effets secondaires liés à ces médicaments. Généralement, avec l’Interféron, les personnes éprouvent une grande fatigue, un syndrome pseudo-grippal et parfois de la dépression; avec la Ribavirine il est surtout question d'anémie (baisse des globules rouges). De façon beaucoup plus rare il a été rapporté des effets secondaires sur le fonctionnement de la thyroïde à cause de l'interféron. En ce qui concerne les malades co-infectés par le VIH et l'hépatite C il n'y a pas de données validées sur le taux de réponses au traitement par bithérapie de l'hépatite C. On sait que généralement les personnes co-infectées par ces deux virus répondent moins bien au traitement de l'hépatite C. Il a aussi été observé que des personnes co-infectées qui n'avaient pas de problème avec leur hépatite C, avaient une accélération de celle-ci suite à une mise sous traitement anti-VIH. On pense que cette aggravation n'est que passagère et est due à la récupération des fonctions du système immunitaire. Il a aussi été observé que les malades co-infectés toléraient moins bien leur traitement anti-VIH (surtout les antiprotéases) lorsqu'ils souffraient déjà de déficience au niveau des fonctions du foie. Le traitement de la Co-infection du VIH et de l'hépatite C est très complexe mais souvent nécessaire.


    Si, en 1984, on avait chauffé le sang destiné aux transfusions, aurait-on prévenu la contamination par le virus de l’hépatite C ?

    Les virus des hépatites ne sont pas sensibles à la chaleur et le fait de chauffer le sang à 60° ne désactive pas ces virus, alors que cela désactive le VIH. Il est évident que si, dans le début des années 80, on avait moins transfusé de façon quasi systématique les personnes opérées, si on avait fait attention pour les collectes de sang (pendant des années les collectes de sang avaient lieu dans les prisons), nous n'aurions pas été dans la situation où nous sommes aujourd'hui. Il est aussi évident que ces risques étaient inconnus à l'époque et il semble donc difficile de faire des procès rétroactivement. Il est aussi important de rappeler que le risque zéro n'existe pas en médecine et se rappeler que grâce aux avancées médicales de nombreuses vies sont chaque jour sauvées. Il est par ailleurs évident que les gens ne mourant plus des anciennes maladies maintenant disparues ou traitées, meurent de "nouvelles" maladies... qui n'avaient pas le temps d'être observées auparavant car les gens mouraient des autres maladies plus "banales" pour nous maintenant.


  • IST

  • Y a-t-il un risque d'attraper une MST en faisant des caresses vaginales ?

    Oui, il est possible d'attraper une MST en faisant des caresses vaginales, que ce soit avec les mains en masturbant sa copine puis après en se touchant le sexe, et aussi en lui faisant un cunnilingus (bouche sur le sexe d'une femme). Lorsqu'une personne a une MST il est recommandé de ne pas avoir de rapport sexuel tant que la MST n'est pas guérie. Les germes responsables des MST sont beaucoup plus facilement transmissibles que le VIH.


    Le mycoplasme peut-il être transmis si l'on utilise systématiquement des préservatifs ?

    Les mycoplasmes sont des petits organismes dont certains affectent les organes génitaux. Ils se transmettent lors de relations sexuelles non protégées ou lors de masturbations réciproques. Ils sont considérés comme des Maladies Sexuellement Transmissibles. Non traités ils peuvent entraîner des problèmes de stérilité pour les deux sexes et peuvent entraîner à long terme des cancers du col de l'utérus chez les femmes. Les préservatifs protègent contre la transmission des mycoplasmes.


  • Préservatif

  • Beaucoup d’hommes se refusent à mettre des préservatifs. Il faut souvent insister fortement pour qu’ils l’acceptent. Existe-t-il d’autres moyens de prévention du sida qui permettent aux femmes de ne pas être dépendantes des hommes ?

    Le préservatif féminin a été lancé en 1991 et diffusé dans une trentaine de pays dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Suisse. En France, les négociations ont été longues pour garantir une homologation de qualité. Le « Femidon », c’est son nom, est à présent disponible dans la plupart des plannings familiaux, chez le distributeur TERPAN (www.terpan.com) et dans les associations de lutte contre le sida. On ne le trouve pas encore en pharmacie. Les tests ont montré qu’il a les mêmes propriétés que le préservatif masculin pour la protection contre le VIH et la contraception.


    Lorsque je mets un préservatif, je perds tous mes moyens. Je n’ai pas eu beaucoup de relations sexuelles mais, à chaque fois, ça s’est passé comme ça. Comment éviter la honte de cette situation ?

    Dans l’amour, rien n’est naturel. Tout s’apprend. Porter un préservatif aussi ! Lors des premières relations sexuelles, sa pose est un facteur d’inquiétude supplémentaire qui peut causer une perte de l’érection. S’entraîner seul à en mettre, à de multiples reprises, y compris en allant jusqu’au bout du plaisir, permet de se familiariser avec le préservatif et d’éviter les pannes. On peut aussi laisser faire le ou la partenaire!


    En quoi consiste précisément le préservatif féminin ?

    Le préservatif féminin ou Fémidon est en fait un grand préservatif en polyuréthane (substance différente du latex, plus résistante et n'entraînant pas d'allergie) que la femme insère dans son vagin. Il est commercialisé dans une trentaine de pays dont la Suisse et la Grande Bretagne. En France, depuis le printemps 99, les associations de lutte contre le sida et la plupart des plannings familiaux le proposent.


    Comment se protéger lors d'une relation ? Doit-on utiliser différents types de préservatifs selon le type de rapport (pénétration anale ou vaginale) ?

    Quel que soit le type de pénétration, anale ou vaginale, il est important d'utiliser un préservatif. Peu importe la marque dans la mesure où il est conforme à la norme NF toujours mentionnée sur le paquet. Lors des pénétrations anales il est important d'utiliser un gel lubrifiant soluble à l'eau que vous pouvez acheter en pharmacie (KY, Hyalomiel, Premicia etc.) ou en grande surface (Vendôme). Le gel permettra de faciliter la pénétration et évitera les traumatismes. Il ne faut pas utiliser de crème grasse type Nivéa, Vaseline ou autre car les corps gras peuvent fragiliser le latex et le faire craquer. On peut parfois aussi utiliser un gel lors d'une pénétration vaginale si la lubrification naturelle n'est pas suffisante (ce qui peut rendre la pénétration douloureuse). Pour une meilleure sensation l'homme peut aussi mettre une noix de gel (soluble à l'eau) sur le bout de son sexe (le gland) avant de mettre le préservatif, la sensation sera plus agréable et cela évitera aussi les frottements trop forts entre le sexe et le préservatif, surtout si le sexe de l'homme est de taille supérieure à la moyenne.


  • Transmission sexuelle

  • Est-ce qu’il est possible d’être contaminé par une fellation ?

    Bien que le risque soit très faible, il n’est pas possible d’affirmer que cette pratique sexuelle ne comporte aucun danger puisqu’elle comporte un contact entre liquides corporels (goutte du début de l’érection - le liquide séminal) et muqueuses (gland du sexe de l’homme, bouche). Le sperme d’une personne atteinte peut contenir une concentration plus ou moins importante de virus. Il faut donc éviter d’en avoir dans la bouche. (surtout en cas de problèmes buccaux : gingivite, angine, candidose) Seule l’utilisation d’un préservatif (non lubrifié, c’est plus agréable) supprime tout risque de transmission.


    Je voudrais savoir ce qui est le plus dangereux : une pénétration vaginale ou une pénétration anale ?

    Les deux comportent des risques pour les deux partenaires si elles ne sont pas protégées par un préservatif. Toutefois, la muqueuse anale est plus fragile et peut subir des lésions pendant la pénétration (ce sont des portes d’entrée possibles pour les virus du sida ou des hépatites par exemple) ou provoquer des saignements et donc mettre le sexe masculin en contact avec d’éventuelles particules infectieuses. Lorsqu’une femme a une lubrification vaginale insuffisante, il peut résulter un phénomène analogue.
    L’utilisation d’un lubrifiant à base d’eau, compatible avec les préservatifs, est absolument nécessaire en cas de pénétration anale. Il peut être aussi utilisé en cas de sécheresse vaginale.


    Mon dentiste m'a dit qu'en cas de gingivite (saignement des gencives), il pouvait y avoir contamination par le virus HIV lors de la fellation. Est-ce vrai ?

    Le risque de transmission du VIH lors de fellations existe. Ce risque est plus faible que celui pris lors d'une pénétration non protégée. Comme vous l'a dit votre dentiste, le fait d'avoir une gingivite ou n'importe quel autre problème bucco-dentaire ou oro-pharyngé (angine par exemple) qui viendrait fragiliser la muqueuse de la bouche, peut accroître ce risque. Pour les fellations non protégées d'un préservatif, il est recommandé de s'assurer que la bouche et le sexe des deux partenaires soient en bon état. Même dans ces conditions, il est recommandé de ne jamais entrer en contact avec du sang ou du sperme dans la bouche ou sur le gland. En cas de problème oro-pharyngé ou bucco-dentaire, il est impératif de protéger la fellation. Le risque existe pour les deux partenaires mais probablement davantage pour celui qui fait la fellation.


    Quel est le pourcentage de risque d’être contaminé par le virus du sida lors d'un rapport sans préservatif ?

    Lors d'un rapport sexuel non protégé avec un ou une partenaire séropositive, c'est-à-dire contaminé(e) par le virus du sida, la contamination n'est pas systématique. Heureusement ! Car nous serions sinon dans une situation épidémique catastrophique. Pour qu'il y ait contamination, il faut que plusieurs conditions soient réunies : 1 - qu'un des deux partenaires soient séropositifs (porteurs du virus du sida).
    2 - qu'il y ait contact entre deux muqueuses (tissus fragiles recouvrant les parties internes des cavités du corps humain) comme la muqueuse du gland (le sexe de l'homme), la muqueuse vaginale (l'intérieur du sexe de la femme), la muqueuse anale (l'intérieur de l'anus d'un homme ou d'une femme) et la muqueuse de la bouche.
    3 - qu'un liquide contaminant (sang, sperme, sécrétions sexuelles) entre en contact avec une muqueuse du ou de la partenaire non contaminé(e).
    4 - que le virus présent dans un de ces liquides contaminants pénètre la muqueuse du ou de la partenaire non contaminé(e).
    Pour que le virus traverse la barrière de la muqueuse il faut que celle-ci soit fragilisée. Elle peut l'être par une MST, qui facilitera grandement le passage du virus, par une lésion à cause d'un rapport traumatique, ou simplement à cause du frottement mécanique des deux muqueuses lors du rapport sexuel. Les conditions de la contamination sont donc complexes, mais peuvent être réunies à tout moment. C'est pour cela qu'il est difficile d'établir un pourcentage de risque lors d'un rapport non protégé. Cette échelle des risques a été calculée mathématiquement mais n'a de valeur qu'en terme statistique sur une large population. Pour un individu le risque est 0% (il/elle n'est pas contaminé(e) ou 100% il/elle est contaminée). Ne pas se protéger c'est un peu comme jouer à la roulette russe. Vous ne savez pas s’il y a une balle dans le revolver, et s’il y en a une où elle se trouve... Excusez l'image volontairement violente que j'utilise, mais il serait dangereux de « jouer », c'est le cas de le dire, avec des probabilités statistiques. Ici il ne s'agit pas du Loto...


    Est-il possible de contracter le virus en faisant une pénétration anale à un homme qui dit ne pas être porteur du VIH ?

    On ne peut pas être contaminé par une personne qui est séronégative, c'est-à-dire « non porteur du VIH ». Mais la précaution d'usage veut que l'on se protège systématiquement avec tout nouveau partenaire, car en dehors du test, il n'est pas possible de savoir si une personne est contaminée ou non. Votre partenaire peut en toute bonne foi se croire séronégatif, mais s'il accepte d'avoir une relation non protégée avec vous qu'il connaît à peine, peut-être fait-il ou a-t-il fait de même avec d'autres partenaires... ce qui a pu l'avoir exposé au risque d'être contaminé. Pour votre information sachez que près de 50% des nouveaux cas de contaminations dans la communauté gay de San Francisco en 1997 a eu lieu de cette façon: des garçons ayant des relations non protégées car l'un et l'autre se croyaient négatifs. Apparemment l'un ou l'autre mentait ou se faisait des illusions sur son propre statut sérologique. Sachez que la pénétration anale est le risque sexuel le plus important car elle met en contact deux muqueuses très fragiles, ce qui explique pourquoi les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes sont statistiquement plus à risque d'être contaminés que la population générale. L'abandon du préservatif ne se justifie qu'une fois que les deux partenaires ont fait ensemble un test en étant sûr de ne pas avoir pris de risque dans les trois mois avant d'avoir fait le test.


    Le risque de transmission est-il plus important dans le sens homme-femme ?

    En effet, la transmission du VIH dans le sens homme infecté vers une femme est beaucoup plus facile que l'inverse (d'une femme séropositive à un homme). Dans les relations sexuelles, la femme est pénétrée et elle reçoit en elle le sperme de son partenaire. Il faut savoir que la muqueuse vaginale peut être facilement fragilisée lors des règles et juste après, et peut aussi être fragilisée par une mycose vaginale. De plus, le sperme à l'intérieur du vagin perturbe l'équilibre de la flore protectrice vaginale, rendant le vagin plus susceptible à une infection. Cela fait qu'une femme a un risque 8 fois plus élevé d'être contaminée lors d'un rapport sexuel avec un homme séropositif qu'un homme lors d'un rapport avec une femme séropositive. Il ne faut pas en déduire que l'homme n'est pas sans risque d'être contaminé. Pour rappel, dans le monde, la majorité des contaminations sont dues à des relations sexuelles. Et dans les pays africains, sud américains (Brésil) et d'Asie du sud-est (Inde, Thaïlande, Viet-Nam et aussi maintenant Chine), l'épidémie est essentiellement hétérosexuelle et touche autant d'hommes que de femmes.


    Est-il nécessaire de se protéger lors d'un cunnilingus ? Si oui, comment ?

    Le risque de transmission du VIH lors d'un cunnilingus est extrêmement faible, voire théorique. Il est difficile d'imaginer comment une femme qui reçoit un cunnilingus peut être contaminée dans la mesure ou la salive ne transmet pas le VIH. En revanche, il est possible, bien qu’extrêmement rare, pour une personne qui ferait un cunnilingus à une femme séropositive, d'être contaminée par ce biais. Mais pour cela il faudrait certainement qu'il y ait contact avec du sang de la partenaire séropositive, lors des règles notamment. En effet, Il ne semble pas que le virus présent dans les sécrétions vaginales soit en quantité suffisante pour entraîner une contamination dans le cadre de cette pratique. A notre connaissance, seuls quelques cas de transmission par ce biais ont été répertoriés dans le monde. Pour ceux qui souhaiteraient se protéger il est possible d'utiliser une digue dentaire (terme technique qui désigne un carré de latex utilisé en chirurgie dentaire pour cibler le champ opératoire) relativement onéreuse et difficile à se procurer (chez les fournisseurs de matériel chirurgical pour dentiste, et aussi dans certains sex-shops). Il est aussi possible d'utiliser un préservatif découpé dans le sens de la longueur afin de lui donner la forme d'un carré de latex que l'on appliquera sur la bouche afin de faire barrière entre la bouche et le vagin et vulve de la partenaire.


    Lors d'une fellation, j'ai reçu du sperme dans la bouche. (Je porte un appareil orthodontique). J'ai recrache et je me suis rince la bouche à l'eau courante, puis j'ai pris une tisane de réglisse et de la vitamine C par crainte d'avoir été contaminé. Y a-t-il vraiment un risque ?

    Le fait d'avoir reçu du sperme dans la bouche représente un risque mais celui-ci est très faible au regard du risque de la pénétration. Vous dites que vous avez un appareil; ceci pourrait constituer un facteur aggravant le risque si, à cause de cet appareil, vous aviez les gencives ou le palais irrité, abîmé ou fragilisé d'une façon ou une autre. Vous avez recraché le peu de sperme et vous vous êtes rincé la bouche: c'est bien, il n'y avait rien de plus à faire. La tisane et la vitamine C ne servent à rien dans la situation que vous exposez.


    Quels sont les risques lors de « doigtés » si j'ai les ongles rongés et que ma partenaire est séropositive ?

    Lors de masturbations réciproques ou doigtés, il n'y a aucun risque d'être contaminé(e) par des petits bobos que l'on aurait au bout des doigts, du fait de se ronger les ongles ou les peaux autour des doigts ou d'avoir une petite blessure en cours de cicatrisation suite à avoir fait la cuisine ou du bricolage... Il est évident qu'il faut éviter de faire un doigté sans protection à sa copine lorsque celle-ci a ses règles car il y a du sang. Le sang est beaucoup plus contaminant que les sécrétions vaginales. On peut se protéger le ou les doigts en utilisant un préservatif que l'on enfile sur le ou les doigts qui vont pénétrer la copine. Idem pour l'anus. Bien sûr il est aussi possible d'utiliser des gants en latex, gants utilisés par les personnels soignants mais ils sont plus chers et plus difficiles à se procurer.


  • Transmission sanguine

  • Est-ce qu’il y a un risque d’attraper une maladie si je donne mon sang ou si j’en reçois ?

    Absolument aucun risque en ce qui concerne le don. Les dons de sang sont prélevés avec du matériel à usage unique. Il ne peut donc pas y avoir de transmission d’un agent infectieux. Lorsque l’on reçoit du sang, avant 1985 des transfusions de sang ont été responsables de la transmission du virus du sida et au-delà de cette date, de celle du virus de l’hépatite C. Aujourd’hui, une sélection des donneurs de sang est effectuée et tous les dons sont testés, un par un. Toutefois, il demeure un risque excessivement faible, qualifié de résiduel: une personne peut avoir été contaminée très récemment sans que les techniques actuelles de détection ne permettent de le constater. Afin de limiter ce risque, le corps médical favorise les prélèvements de sang destinés à une autotransfusion, par exemple avant une opération chirurgicale ou un accouchement.


  • Vivre avec le VIH

  • Pour les personnes qui vivent en zone rurale et sont confrontées à la maladie (malades ou proches), comment gérer au mieux la situation (soins, relations avec la communauté villageoise, isolement, etc) ?

    Il est plus difficile dans les zones rurales de s’appuyer sur les réseaux sanitaires ou associatifs que dans les zones urbaines où ils sont plus denses. Depuis plusieurs années des organismes ruraux (Mutualité sociale agricole, Union des familles rurales, etc) organisent des formations pour leurs salariés ou leurs adhérents. Ils peuvent donc constituer un soutien de proximité en parallèle avec des dispositifs éloignés (services hospitaliers, permanences téléphoniques, etc). Il est encore souhaitable, pour éviter des comportements d’exclusion ou de discrimination toujours provoqués par la peur de cette maladie, de n’informer que les personnes de confiance avec qui existe un lien affectif. Les médecins, les professionnels des services sociaux sont tenus au secret professionnel et n’ont pas le droit de divulguer des informations sur l’état de santé d’une personne, quelle que soit la pathologie dont elle est atteinte.


    Comment se passe, physiquement, l'évolution de la maladie ?

    Si une personne séropositive ne sait pas qu'elle est contaminée car elle n'a pas fait de test ou alors tout en le sachant ne se fait ni suivre ni traiter, elle évoluera inexorablement vers le sida qui est un ensemble de maladies graves qui se manifestent au fur et à mesure de l'effondrement du système immunitaire. Grâce au suivi médical actuel il est possible de faire le point sur la situation des personnes et décider du moment opportun pour traiter. Les traitements, sans être à même de guérir l'infection, permettent un contrôle à plus ou moins long terme de l'évolution de l'infection en ralentissant considérablement l'évolution vers la maladie et en préservant le système immunitaire. Il est tout à fait envisageable de penser que dans un avenir proche il sera possible de transformer cette maladie mortelle en une maladie chronique avec laquelle les personnes séropositives pourront vivre longtemps en prenant des traitements. Ceux-ci devront être plus puissants et efficaces que ceux actuellement existants. L'avenir, sans être complètement certain, est porteur d'espoir. Il ne faut pas non plus oublier les recherches en terme de vaccins qui finiront bien par donner des résultats.


    Il existe des manières complémentaires et naturelles d'améliorer la condition générale de santé d'une personne atteinte du sida (diététique, exercices, relaxations). Ces méthodes sont étudiées aux Etats-Unis, en Chine et au Japon. Pourquoi, en France, le corps médical est-il si réticent à coopérer avec des assistants non-médecins ?

    Vous soulevez là la question des médecines alternatives, traditionnelles ou douces (chacun choisira le terme qui lui convient le mieux). Plus de la moitié des personnes VIH+ ont recours à certaines de ces méthodes en complément, en plus de leur traitement allopathique (chimique). Il ne s'agit pas d'être pour ou contre ce type de traitement mais il est important d'avoir présent à l'esprit que ce sont bien les avancées thérapeutiques en terme de chimiothérapie antivirale (c'est ce que sont les trithérapies) qui ont permis de littéralement sauver des milliers de personnes. Rien n'empêche un individu de prendre des compléments vitaminés, des oligo-éléments, des plantes, de méditer, de faire de la relaxation, de l'acupuncture etc. Ces méthodes auront souvent au mieux pour résultat d'améliorer l'état psychologique ou psychique et parfois physique de la personne et au pire ne feront rien du tout - bien qu'il faille faire attention à certaines plantes et vitamines qui, mal prises, peuvent avoir des effets toxiques. Il serait regrettable pour ne pas dire dangereux de refuser les traitement allopathiques et ne compter que sur les traitements dits alternatifs. La complémentarité des deux types de traitement est pour certains un atout mais il serait regrettable d'opposer un type d'intervention thérapeutique à un autre. Il est évident que lorsque l'on s'engage dans une démarche dite alternative, on a le sentiment d'être actif, acteur de sa propre santé. Ces types de traitement sont souvent rassurants en terme d'image, redonnent à la personne un sentiment de contrôle de sa santé et l'implique dans son traitement, ce qui est très valorisant en terme d'image et d'estime de soi et donc bon pour la personne. Cela est aussi possible avec les traitements allopathiques mais c'est plus compliqué à comprendre et donc rébarbatif. De plus, les traitements allopathiques sont moins investis de valeur « magique », ils sont vus comme de la haute technicité et l'accent est souvent mis sur leurs effets secondaires et donc ils font peur. Par ailleurs, trop souvent, les médecins ne prennent pas le temps de parler et d'écouter les patients, ce que font davantage les pratiquants des médecines alternatives ou douces.
    Il faut aussi se méfier des charlatans qui se sont faits des fortunes sur le désespoir des personnes séropositives. Il est rassurant de constater que depuis les avancées thérapeutiques que l'on connaît, même si celles-ci ne règlent pas tout, les personnes VIH+ ont tendance à beaucoup moins avoir recours aux charlatans qui promettent la guérison avec de la poudre de perlimpinpin et quelques recommandations, le tout à un prix assez élevé.


    Est-il exact que le phénomène de recontamination est peu probable et que cette mise en garde viserait plutôt à inciter les personnes contaminées à continuer de se protéger ? Le tout pour éviter de propager l'épidémie.

    Lorsque l'on parle de phénomène de recontamination ou de surcontamination il est évident que l'on s'adresse aux personnes déjà contaminées. Ce risque existe bel et bien. Des personnes séropositives pourraient se dire : « Comme je suis déjà contaminé(e), si j'ai des relations sexuelles avec une autre personne séropositive nous ne risquons rien car nous sommes toutes deux séropositives ». En fait c'est faux. On peut très bien imaginer que l'un des partenaires soit porteur d'une souche virale plus virulente (méchante) que celle de son/sa partenaire. Il a été aussi prouvé qu'il est possible de transmettre à un/une partenaire une souche virale mutée et résistante à certains médicaments. Ce qui représente un danger pour la personne déjà contaminée en terme d'options thérapeutiques futures. Il en va de même pour les personnes qui viennent de se contaminer, elles peuvent être contaminées par une souche virale résistante. En France, il est estimé que 8% à 10% des personnes récemment contaminées et jamais traitées sont porteurs de souches résistantes à l'AZT. Ce problème de surcontamination et de souches virales résistantes risque à terme d'être un véritable problème de santé publique car on ne saura plus comment traiter les séropositifs porteurs de ces souches.
    Il est par conséquent impératif que même les personnes contaminées continuent à se protéger lors de leurs rapports sexuels. Quant à celles qui ne sont pas contaminées il ne faudrait pas que les avancées en terme de traitement les amènent à relâcher la protection, car elles risquent d'être contaminées par des souches virales porteuses de mutations qui entraînent la résistance aux traitements.


    Vous ne parlez jamais des problèmes liés à la relation amoureuse. Que risque l'autre dans cette relation ? Pouvez-vous nous informer des problèmes qui surviennent quand l'autre apprend la maladie de son partenaire ? Comment empêcher par exemple un mouvement de fuite, cette légitime réaction ?

    Bien sûr, la relation amoureuse est souvent affectée par la séropositivité de l'un(e) ou l'autre des partenaires dans un couple que l'on appelle « sérodifférent » (au statut sérologique différent). La séropositivité pose un certain nombre de problèmes qui ne sont pas que d'ordre sexuel mais aussi d'ordre relationnel (projet de vie à moyen ou à long terme). Il n'y a pas une façon unique de vivre cette difficulté. Chaque couple a son histoire, chaque individu a ses peurs, sa représentation de ce qu'est le VIH. Tous les partenaires de personne séropositive ne fuient pas systématiquement la relation. Les couples sérodifférents existent, s'aiment et sont beaucoup plus heureux qu'on ne l'imagine. En ce qui concerne les risques de transmission éventuels les règles sont claires et les mêmes que ce soit lors d'une relation sexuelle avec un(e) partenaire de rencontre ou une liaison durable avec un(e) partenaire VIH+. Ce n'est pas parce que l'on serait dans une relation amoureuse et sexuelle avec une personne séropositive que le préservatif ne serait plus efficace ou qu'il y aurait des risques nouveaux. Il est vrai que pour certains, le fait de savoir qu'ils ont une relation sexuelle avec une personne séropositive peut être un facteur de stress qu'ils n'ont pas lorsqu'ils/elles ont une relation avec une personne dont le statut sérologique leur est inconnu. Pour beaucoup de personne le sida est toujours l'affaire des autres. Tout un chacun peut à tout moment être confronté à la rencontre sociale, amicale, sexuelle ou amoureuse avec une personne séropositive...


    Quels sont les symptômes et les différents troubles du sida une fois que la maladie est vraiment déclarée ?

    Les complications liées à l'infection par le VIH sont dues à l'attaque du système immunitaire par le virus VIH. Quand les dommages causés par le virus sont importants, le système immunitaire fonctionnant beaucoup moins bien, certaines infections et troubles apparaissent. Cela peut aller de problèmes de peau récurrents, à la perte de poids, à l'apparition et au maintien de ganglions, à des fièvres ou à des diarrhées inexpliquées, à toute une série de petits troubles non spécifiques pas trop importants mais persistants, à la survenue d'infections graves que l'on appellent des infections opportunistes. Les infections opportunistes sont appelées ainsi car elles profitent de l'effondrement du système immunitaire pour se manifester. Ce sont ces infections opportunistes que l'on appelle le sida. Elles sont généralement graves et doivent être soignées d'urgence sinon le pronostic vital de la personne est en jeu. Ces infections se présentent sous la forme d'infections virales ou parasitaires graves ainsi que certains types de cancers ou lymphomes pouvant toucher tous les organes du corps humains. La plupart de ces infections, si elles sont détectées à temps sont globalement « soignables » mais nécessitent des traitements lourds et longs qui souvent doivent être pris à vie. Grâce aux traitements antiviraux actuels on arrive à contrôler la réplication du virus et donc à empêcher l'effondrement du système immunitaire. Aussi, aujourd'hui, il y a de moins en moins d'infections opportunistes. On arrive également, grâce à ces traitements, à restaurer une partie des fonctions du système immunitaire, ce qui permet de pouvoir arrêter certains traitements d'entretien de ces infections opportunistes, mais en gardant les traitements antiviraux.
    Il est important de savoir qu'en 1999, plus de la moitié des personnes qui ont fait un sida, c'est-à-dire une infection opportuniste, ne savait pas qu'elles étaient contaminées. Si elles l'avaient su, elles auraient pu être suivies et traitées et ainsi éviter de faire un sida. D'où l'importance du dépistage et l'importance du suivi médical pour les personnes séropositives.


    Si je passe le test du sida et que le test est positif, je suis donc séropositif. Mais se pourrait-il que la maladie ne se déclare jamais ?

    Au début de l'épidémie, on pensait possible que certaines personnes séropositives ne développent jamais la maladie sida. Les années qui ont suivi nous ont démontré le contraire. On sait que, sans traitement, la grande majorité des personnes contaminées développent des complications de l'infection VIH ou un sida entre 5 et 10 ans après leur contamination. Depuis l'arrivée des traitements puissants, on arrive à bien contrôler l'infection mais personne ne peut dire pour combien de temps. Par ailleurs, il existe des personnes qui arrivent « naturellement » à contrôler l'infection VIH pendant des années. On les appelle des « Non Progresseurs à Long Terme ». Le pourcentage des personnes contaminées entrant dans cette catégorie serait de l'ordre de moins de 5%. Personne ne peut dire pendant combien de temps elles arriveront à contrôler « naturellement » (sans traitement) l'évolution de l'infection. Il est évident qu'il est dans l'intérêt de toutes les personnes séropositives de se faire suivre médicalement même si après des années après la contamination elles n'ont toujours pas besoin de traitements, ce qui est quand même rare.


Source : sida info-service

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